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De l’amour et du désir : accueillir toutes nos parts

Dans En cas d’amour, Anne Dufourmantelle, psychanalyste et philosophe, explore la puissance des pulsions qui nous traversent. Elle les nomme parfois « le diable » : ces parts de nous que nous cherchons à contenir, à réprimer, à nier. Mais elle rappelle avec force que « le refus n’est pas une option, le compromis serait pire ».


En thérapie, je constate à quel point cette vérité résonne. Beaucoup de personnes arrivent en pensant qu’il faudrait « dompter », « se débarrasser » ou « lutter » contre leurs pulsions, leurs envies, leurs colères, leurs désirs jugés inavouables. Mais la psyché ne se nourrit pas du rejet : elle se renforce des parts exilées, de ces « mauvaises fées » qu’on n’a pas invitées à la fête et qui reviennent hanter nos vies avec plus de vigueur encore.

Accueillir ces parts ne signifie pas leur céder ni les laisser gouverner notre existence. Il s’agit plutôt de les écouter, de dialoguer avec elles, d’oser les regarder en face. Comme Virgile guidant Dante dans sa descente aux enfers, le chemin thérapeutique consiste à ne pas détourner le regard de nos zones d’ombre, mais à les éclairer doucement pour qu’elles cessent d’agir dans le secret.


Anne Dufourmantelle parle de conversion. J’aime ce terme, car il évoque à la fois un retournement et une transformation. Ce qui, dans un premier temps, semble voué à notre perte peut devenir source de vitalité, d’énergie, de désir. La même pulsion qui nous entraîne vers la répétition ou l’addiction peut, lorsqu’elle est reconnue et intégrée, devenir puissance de vie.


Dans ma pratique thérapeutique, j’ai à cœur d’accueillir toutes les parts des personnes qui viennent me consulter, sans exception. Y compris celles qu’elles redoutent ou rejettent, ces parts qui semblent « indignes », « trop » ou « mauvaises ». Car c’est en leur faisant une place, en leur redonnant voix, que nous pouvons transformer le déchet en matière fertile, la peur en force, la pulsion en mouvement vers la vie.


La guérison ne naît pas du combat, mais de la rencontre curieuse


"Il faut dialoguer avec les représentants des enfers et comme Virgile orienter la barque qui remonte des enfers vers la lumières sans cesser d'entrer en correspondance avec les puissances d'en bas".
"Il faut dialoguer avec les représentants des enfers et comme Virgile orienter la barque qui remonte des enfers vers la lumières sans cesser d'entrer en correspondance avec les puissances d'en bas".

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